De la construction navale au salage du poisson

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Besnard

La construction navale

Au XIXème s. la construction navale étaient florissante, quatre chantiers étaient installés à Berck. Le dernier fermera en 1948. Les chantiers n’étaient pas forcément constitués de bâtiments de surface comme des hangars. La construction se faisait à l’extérieur, et une fois le bateau achevé, plus rien n’évoquait sa construction. Le principal matériau, le bois, hêtre et orme, provient des forêts environnantes, Saint-Josse, la Caloterrie, Montcavrel. Le hêtre employé pour la quille des bateaux était enfoui dans le sable afin de durcir et permette de résister durablement aux échouages.

  

Le trainage

Quand la construction d’un bateau s’achève, il faut alors le mettre à l’eau. Sans port, à Berck, plus de deux kilomètres séparent les chantiers de la mer. Dans un premier temps il faut monter l’embarcation sur un chariot jusqu’ à l’Entonnoir. Une fois sur le sable, il est alors trainé sur des  « brèches » qui sont d’imposantes traverses de bois enduites de « zlep » du savon noir.

 

Les métiers de la corde

Avant la Première Guerre Mondiale, Berck comptait huit corderies qui travaillaient pour l’ensemble du territoire, de Boulogne-sur-Mer à Berck. Trois d’entre-elles étaient de taille importante et pouvaient compter une quinzaine d’ouvriers. Situées à la périphérie de la ville, les corderies étaient installées sur des terrains peu larges (4 à 5 mètres) mais très longs (jusqu’à 200 mètres). La plupart étaient localisés rue des Fermes. La dernière corderie cesse son activité en 1966.

 

La Vannerie

Les oseraies de la vallée de l’Authie fournissent la matière première aux vanniers ou manneliers (fabricants de paniers). Ces artisans de Berck ne travaillaient pas exclusivement pour la marine. Encore une douzaine de vanniers était comptabilisée au début du XXème s qui avait connu son âge d’or au tournant des années 1870. 1931 marque la disparition de ce métier. La vannerie était essentielle, car une fois le poisson débarqué, les mareyeurs le transportaient dans de grands paniers d’osier. En 1887, apparaissent les premières caisses à poissons, les paniers ne sont alors plus utilisés que par les marchandes « à pied » dénommées « cache-à-dos »

 

Les préparatifs

La préparation de la pêche est une activité essentielle et capitale. En 1956, alors que la pêche était sur le déclin, le Reveil de Berck rapportait que 400 personnes s’occupaient encore de la préparation pour une soixantaine de marins. Chaque homme d’équipage devait en effet apporter ses cordes préparées, et ils étaient notamment payés en fonction de leur nombre. Parmi les spécialités, qui étaient la plupart du temps pratiquées par les femmes, il y avait les « réparatrices » ou « ar’péreuses », et les « acqueuses » ou « hat’cheuses » qui posent sur les hameçons les vers péchés en baie d’Authie par les vérotiers.

 

Salage et fumage

Le hareng est un poisson fragile, et il est le plus souvent salé en mer, cependant cette technique n’a pas été pratiquée à Berck. Et c’est donc au débarquement que se fait la salaison. Frais et directement vendus aux saleurs, les harengs partaient en ateliers. Ces derniers se développeront dès le milieu du XIXème (la pêche aux harengs n’est pratiquée à Berck que depuis 1824). Ainsi en 1874, Berck compte douze ateliers qui produisent plus de 100 tonnes de harengs en barils. Ils n’étaient en activité que d’octobre à décembre (saison du hareng « harengaison »). Le dernier atelier fonctionnera jusqu’en 1965.